Hébergement cloud ou pas cloud ? Quelle solution choisir ?

Mathieu Codéin
Mathieu Blanc
30 novembre 2020

Le Cloud est aujourd'hui bien ancré dans le paysage IT, or entre le cloud privé, le cloud public et le cloud hybride, comment y voir plus clair ? Quelle est la solution la plus adaptée à votre problématique d'entreprise ?

SOMMAIRE 

Dans cet article nous aborderons les points suivants

Qu'est-ce que le cloud ? 

Selon le NIST (National Institut of Standards and Technology), le cloud computing est un modèle permettant un accès réseau omniprésent, pratique et à la demande à un pool partagé de ressources informatiques configurables (par exemple, réseaux, serveurs, stockage, applications et services) qui peuvent être rapidement provisionnées et libérées avec un effort de gestion minimal ou d'interaction avec le fournisseur de services.

Source : https://csrc.nist.gov/publications/detail/sp/800-145/final

Le cloud est composé de cinq caractéristiques essentielles :

  1. Accès libre service et à la demande
  2. Accessible sur l'ensemble d'un réseau
  3. Ressources mutualisées
  4. Élasticité
  5. Mesurable (suivi de la consommation)

Il existe trois modèles de service :

  • SaaS (Software as a Service) : il s'agit alors de louer un logiciel en ligne chez un prestataire externe
  • PaaS (Platform as a Service) : solution externe proposant une suite logicielle à laquelle on ajoute les outils d'intégration et de suivi.
  • IaaS (Infrastructure as a Service) : dans ce cas c'est la totalité de l'infrastructure qui est externalisée.

Et  plusieurs modèles de déploiement : cloud privé, public ou hybride.

Ce qu'il faut retenir :

Le cloud computing est la mise à disposition de ressources informatiques (serveurs, stockage…) facturées de manière précise (à la seconde, minute, heure…) dont les fonctionnalités permettent d’automatiser la création de l’infrastructure.

 

L'origine du cloud à travers l'histoire d'AWS (Amazon Web Services)

En 2002,  Amazon est un simple site e-commerce. Pour évoluer, Amazon construit alors sa propre infrastructure avec une multitude de serveurs regroupés dans des datacenters répartis dans le monde entier. Tous les serveurs n'étant pas utilisés en même temps et certains ne fonctionnant que lors de pics de vente, pour Noël par exemple, Amazon a alors l'idée de louer une partie de son infrastructure non utilisée. 

Les ingénieurs d’Amazon louent leur puissance de calcul inutilisé sous forme de stockage et de serveurs virtuels. L'utilisateur n'a alors pas à s'occuper des problématiques hardwares.

 

La révolution du cloud

Les ressources “infinies”

Avant le modèle du Cloud, lorsque l’on souhaitait avoir un serveur supplémentaire, il fallait :

  • passer commande du serveur physique
  • subir un délai plus ou moins long pour la livraison 
  • se déplacer pour installer physiquement le serveur dans un datacenter ou une salle dédiée
  • installer la partie logicielle

Certaines parties peuvent être automatisées comme l’installation mais dans la pratique, il fallait plusieurs semaines entre la commande initiale et la possibilité d’utiliser enfin la machine. L’utilisation de la virtualisation a permis d’améliorer les choses mais au bout du compte, ne faisait que repousser les problèmes inhérents à l’achat et au stockage de serveurs physiques.

Aujourd’hui, dans le modèle du cloud, il suffit de passer commande et un serveur virtuel est accessible en quelques secondes. Tout est prévu pour être automatisable via API. Votre serveur est disponible quasi instantanément et utilisable en quelques minutes.

De son point de vue, le consommateur a accès à une infinité de ressources, que ce soit en terme horizontal (nombre de serveurs) ou vertical (caractéristique cpu/ram/disque d’un serveur). Évidemment, les serveurs physiques sont toujours là mais le problème est déporté : c’est le fournisseur de cloud qui gère ses stocks, son approvisionnement et les problématiques liées à cela.

 

La scalabilité et les gains financiers

La rapidité avec laquelle il est possible de créer et de détruire un serveur dans un contexte cloud a amené une possibilité nouvelle, ou du moins beaucoup plus facilement atteignable : la capacité à pouvoir moduler continuellement le nombre de serveurs pour son application en fonction de la charge.

L'exemple d'un site e-commerce

un site e-commerce est prévu pour accueillir un certain nombre d’utilisateur en période classique. Lors des soldes bi-annuels ou de promotions temporaires, le site va tripler son trafic.

DANS UN CONTEXTE NON CLOUD

  • Il faut prévoir le matériel plusieurs semaines à l’avance ou savoir gérer du matériel dormant, de “spare” (ce qui peut être complexe quand on se penche sur le problème).
  • Il sera difficile de réutiliser ce matériel lorsque la période de pointe sera terminée.
  • Il en résulte des serveurs onéreux inutilisés dans un domaine où le matériel informatique devient très vite obsolètes...

DANS UN CONTEXTE CLOUD

  • Aucune problématique liée au matériel.
  • Les serveurs dédiés à absorber les visiteurs supplémentaires peuvent être commandés quelques heures avant le début des pics de trafic. Ils peuvent être supprimés quelques heures après.
  • Une des caractéristiques du cloud est une facturation très précise (à la minute ou à l’heure).
  • Dans ce modèle, vous ne paierez que votre consommation réelle, et vous n’aurez plus à gérer du coûteux matériel dormant 90% de l’année.
L'élasticité et l'auto Scaling

Cet aspect peut être poussé dans ses derniers retranchements avec les concepts d’élasticité automatique : en fonction de métrique qu’il faut préciser (charge des serveurs, trafic du site…), une infrastructure peut automatiquement “grossir” et s’adapter continuellement à la réalité des besoins. 

Il est par exemple difficile de prévoir à l’avance le trafic d’un site de “news”. Son succès est tributaire de l’actualité. Lors d’un évènement important, le trafic va augmenter brutalement et l’infrastructure doit alors s’adapter automatiquement. C’est le concept “d’Auto Scaling” qu’on retrouve chez plusieurs cloud public (surtout américain).

 

Les points de vigilance

Le cloud n’est pas magique

Les plaquettes commerciales des cloud public donnent souvent l’impression que tout y est magique : votre application va “scaler” en toute autonomie, votre site sera disponible quel que soit le trafic. S’il est juste de dire qu’il est possible d’atteindre cet objectif avec les outils proposés par les fournisseurs de ces solutions, il faut également préciser que pour y arriver, il faut quelquefois passer beaucoup de temps à tout configurer proprement, que ce soit au niveau de l’application ou du cloud en lui même.

 

Toute application peut être placée “dans le cloud” 

Il ne s’agit au final que d’un serveur virtualisé accessible depuis une adresse IP et cela n’est finalement pas différent du modèle connu depuis l’avènement de la virtualisation dans les années 2000. Toutefois, il faut que l’application soit adaptée pour réellement bénéficier de l’intérêt du cloud.

Plusieurs problématiques se posent alors, comme par exemple :

  • l’application peut-elle être dupliquée sans problème d’accès à des fichiers partagés, de partage de sessions ?
  • si l’on augmente le nombre de frontaux, quid d’une base de données qui pourrait devenir le point de contention ?
  • comment se déploie l’application au sein d’un serveur fraîchement créé ?
  • comment l’équipe applicative fait-elle ses livraisons lorsque le nombre de serveurs est différent d’un jour sur l’autre ?
Des réponses techniques complexes nécessitant du temps et de l'argent !

Certaines de ces questions ont des réponses techniques très simples, d’autres sont plus complexes et dépendent beaucoup de l’application. De nouvelles technologies sont d’ailleurs apparues pour répondre à certains besoins nés de l’utilisation du cloud et de ses possibilités. L’apprentissage, la mise en place des outils ou de nouvelles procédures peut être très consommateur de temps et d’argent. Il faut rapidement se demander si le jeu en vaut la chandelle.

Dans certains cas, il n’est pas nécessaire de migrer dans le cloud une application classique qui fonctionne très bien et répond à tous ses objectifs de charge sur l’année.

 

La difficulté d’anticipation des coûts

Nous avons déjà évoqué le modèle de facturation dans le cloud : les ressources sont souvent facturées de manière très précise (seconde, minute, heure…). Cependant, certains fournisseurs de cloud peuvent avoir une facturation très complexe

  • facturation du trafic (entrant/sortant/interne)
  • gestion des entrées/sorties des volumes réseau qui peuvent être  “garanties” ou “optimisées”
  • adresses IP publiques
  • concept de réservations d’instances
  • ...

 Il serait beaucoup trop long de lister la quantité de choses à prendre en compte. Certains fournisseurs donnent accès à des calculateurs mais même avec cela, une connaissance trop limitée des modes de facturation de chaque service utilisé peut amener à de mauvaises surprises.

Cette complexité est telle qu’un nouveau métier a émergé dans les entreprises utilisatrices de cloud : le “FinOps”. Les FinOps sont chargés d’optimiser les factures en traquant les services peu, mal ou pas utilisés, les ressources sur-dimensionnées…

Certains fournisseurs de cloud mettent en avant une facturation plus simple que leurs concurrents.

Lire l'article : 8 coûts cachés du cloud

 

La maîtrise de la performance

En fonction du fournisseur de cloud choisi, il est parfois difficile de maîtriser parfaitement l’environnement sur lequel s’exécute nos serveurs. Il est possible par exemple de choisir une instance à 4 “vCPU”, 16GO de RAM et 100GO d’espace disque “SSD” mais connaître les caractéristiques précises du matériel sous-jacent est rarement possible. 

L'over-commit

De la même façon, il est compliqué de savoir dans quelle mesure le fournisseur de cloud pratique "l'over-commit". Cette pratique consiste à allouer plus de ressources aux serveurs virtuels que ce que propose réellement le serveur physique.

Par exemple :

Un serveur physique à 32 cœurs fait tourner 16 serveurs virtuels à 4vCPU. Le concept est de considérer que les serveurs virtuels n’auront pas tous besoin à 100% de tous leurs CPU au même moment, permettant ainsi d’augmenter le nombre de serveurs virtuels sur une seule machine physique et occasionnant ainsi des économies pour le fournisseur de cloud.

Certains fournisseurs de cloud mettent donc en avant le fait qu’ils ne font pas ou peu d’over-commit, même si cela reste un sujet assez tabou. Certains vont même jusqu’à proposer de vrais serveurs physiques dédiés (bare-metal) dans un contexte cloud (location à la minute…) pour que l’on soit certain d’avoir un serveur entièrement dédié et pas de “noisy neighbors”.

Sources :

 

Le cloud et considérations éthiques

Le Cloud Act

La question de la localisation des données dans le Cloud est importante. Auparavant, le gouvernement américain pouvait accéder aux données des fournisseurs de cloud seulement si les serveurs étaient localisés aux États-Unis.

Le Cloud Act est une loi de 2018 qui modifie cela en permettant au gouvernement américain d’accéder aux données où qu’elles soient dans le monde du moment que le fournisseur de cloud est américain.

GAFAM & fuites fiscales 

Par ailleurs, la fuite fiscale des clouds américains et les solutions open source mises en place sur les plus grosses infrastructures propriétaires jamais créées nous amènent à réfléchir sur les aspects éthiques du choix de notre hébergeur...

 

Savoir choisir la bonne solution

Pour les sites e-commerces, les sites de news, etc, le cloud public peut être une bonne solution car ce sont des sites à fort changement de trafic qui nécessitent des infrastructures modulables au cours du temps.

Pour les sites éditorialistes, dont le trafic est très stable, cela se discute et un hébergement classique peut être plus performant.

Le cloud n’est ni la solution à tous les problèmes, ni une solution à éviter !

Pour en savoir plus sur les différentes solutions d'hébergement : cloud privé, cloud hybride ou cloud public et découvrir les modèles d'architectures associés c'est ICI 

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